Arsène Lupin gentleman cambrioleur : le Robin des Bois de la Belle Epoque ou Anarchiste qui vit comme un aristocrate ?

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Arsène Lupin gentleman cambrioleur : le Robin des Bois de la Belle Epoque ou Anarchiste qui vit comme un aristocrate ?

 

Je viens de retrouver et de relire le livre Arsène Lupin gentleman cambrioleur de Maurice Leblanc. Je vous le conseille chaleureusement. C’est savoureux !

Voici mes références : Arsène Lupin gentleman cambrioleur, Maurice Leblanc, Le Livre de poche, 1972.

 

Ma première lecture remonte à plus de 15 ans. J’avais tout oublié. C’est donc d’autant plus agréable de me replonger dans les aventures du gentleman cambrioleur. Il va de soi que c’est le titre qui a attiré mon attention cet été.

Depuis que je tiens le blog  et la chaîne Youtube Apprendre les Bonnes Manières dès que je lis les mots « lady », « étiquette » ou « gentleman », je me précipite.

 

Voici des extraits du livre pour vous donner un aperçu du personnage.

 

Je commence par citer la préface de Pierre Lazareff. Il résume mieux que moi le profil d’ Arsène Lupin gentleman cambrioleur :

« […] Arsène Lupin gentleman-cambrioleur est un Robin des Bois de la « Belle Epoque ».

Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vite comme un aristocrate ; il n’est jamais solennel, toujours goguenard ; […]. »

 

Arsène Lupin gentleman cambrioleur : le Robin des Bois de la Belle Epoque ou Anarchiste qui vit comme un aristocrate ?

 

 

p.13

« Arsène Lupin parmi nous ! L’insaisissable cambrioleur dont on racontait les prouesses dans les journaux depuis des mois ! L’énigmatique personnage avec qui le vieux Ganimard, notre meilleur policier, avait engagé ce duel à mort dont les péripéties se déroulaient de façon si pittoresques ! Arsène Lupin, le fantaisiste gentleman qui n’opère que dans les châteaux et les salons, et qui, une nuit, où il avait pénétré chez le baron Schormann, en était sorti les mains vides et avait laissé sa carte ornée de cette formule : « Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur, reviendra quand les meubles seront authentiques. ». Arsène Lupin, l’homme aux mille déguisements : tour à tour chauffeur, ténor, bookmaker, fils de famille, adolescent, vieillard, commis voyageur marseillais, médecin russe, torero espagnol ! ».

 

p.23

« Tout cela avait l’air de prodige, et dénonçait bien la manière humoristique d’Arsène Lupin, cambrioleur, soit, mais dilettante aussi. Il travaillait par goût et par vocation, certes, mais par amusement aussi. Il donnait l’impression du monsieur qui se divertit à la pièce qu’il fait jouer, et qui, dans la coulisse, rit à gorge déployée de ses traits d’esprit, et des situations qu’il imagina. »

 

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p.32

« Oui, j’ose croire qu’Arsène Lupin m’honore de quelque amitié, et que c’est par amitié qu’il arrive parfois chez moi à l’improviste, apportant, dans le silence de mon cabinet de travail, sa gaieté juvénile, le rayonnement de sa vie ardente, sa belle humeur d’hommes pour qui la destinée n’a que faveurs et sourires.

Son portrait ? Comment pourrais-je le faire ? Vingt fois j’ai vu Arsène Lupin, et vingt fois c’est un être différent qui m’est apparu… ou plutôt, le même être dont vingt miroirs m’auraient renvoyé autant d’images déformées, chacune ayant ses yeux particuliers, sa forme spéciale de figure, son geste propre, sa silhouette et son caractère.

« Moi-même, me dit-il, je ne sais plus bien qui je suis. Dans une glace je ne me reconnais plus. »

Boutade, certes, et paradoxe, mais vérité à l’égard de ceux qui rencontrent et qui ignorent ses ressources infinies, sa patience, son art du maquillage, sa prodigieuses faculté de transformer jusqu’aux proportions de son visage, et d’altérer le rapport même de ses traits entre eux.

« Pourquoi, dit-il encore, aurais-je une apparence définie ? Pourquoi ne pas éviter ce danger d’une personnalité toujours identique ? Mes actes me désignent suffisamment.

Et il précise, avec une pointe d’orgueil :

« Tant mieux si l’on ne peut jamais dire en toute certitude : Voici Arsène Lupin. L’essentiel est qu’on dise sans crainte d’erreur : Arsène Lupin a fait cela. »

 

p.73

« De temps à autre, par politesse, Arsène Lupin laissait tomber :

« Mais oui, monsieur le juge, nous sommes d’accord : le vol du Crédit Lyonnais, le vol de la rue de Babylone, l’émission des faux billets de banque, l’affaire des polices d’assurance, le cambriolage es châteaux d’Armesnil, de Gouret, d’Imblevain, des Groselliers, du Malaquis, tout cela, c’est votre serviteur… »

 

p.81

« […] Arsène Lupin, c’est-à-dire un composé bizarre d’intelligence et de perversion, d’immoralité et de générosité. »

 

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p.183

lettre « […] je vous serais infiniment reconnaissant de me prêter votre domicile pour la soirée d’aujourd’hui. Il serait bon que, de neuf heures à onze heures votre domestique fût éloigné, et préférable que vous-même eussiez l’extrême obligeance de bien vouloir laisser le champ libre aux adversaires. Vous avez pu vous rencontre compte, dans la nuit du 22 au 23 juin, que je poussais jusqu’au scrupule le respect de tout ce qui vous appartient. De mon coté, je croirais vous faire injure si je doutais un seul instant de votre absolue discrétion à l’égard de celui qui signe.

Votre dévoué,

Salvator »

Il y avait dans cette missive un ton d’ironie courtoise, et, dans la demande qu’elle exprimait, une si jolie fantaisie, que je me délectai. C’était d’une désinvolture charmante et mon correspondant semblait tellement sûr de mon acquiescement ! Pour rien au monde je n’eusse voulu le décevoir ou répondre à sa confiance par l’ingratitude. »

 

 

Extra, non ?

 

Si je ne parle pas du film Arsène Lupin gentleman cambrioleur sorti il y a quelques années avec Romain Duris, c’est volontairement.

Mon silence parle pour moi.

Le film vaut ce qu’il vaut. Mais il n’est en rien une adaptation du livre. Même l’aura du personnage n’est pas respectée.

 

 

 

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