Nadine de Rothschild, argent et leçon de savoir-vivre

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Nadine de Rothschild, argent et leçon de savoir-vivre

 

Les extraits suivants sont tirés du livre de Nadine de Rothschild, déjà chroniquée ici, Le bonheur de séduire l’art de réussir, le savoir-vivre du XXe siècle.

 

p.155

« Vivre avec beaucoup d’argent

 

Durant des générations, l’argent en France a été un sujet tabou ; à la table familiale, jamais on ne prononçait ce mot ; dans la bouche d’une aristocrate, il aurait été une grossièreté, de la part d’une bourgeoise, fort inconvenant. On faisait simplement comme s’il n’existait pas.

Aujourd’hui, l’argent est roi, l’argent est l’arme absolue ; on l’honore, on est prêt à bien des compromissions pour l’obtenir. On est passé d’un excès de réprobation à un excès d’honneur.

Comment vit-on avec beaucoup d’argent ? Bien, même très bien. Mais comment se comporte-on devant l’argent ? Voilà la vraie question.

Ceux qui sont riches depuis des décennies ne font pas étalage de leur fortune. Ils dépensent moins qu’ils le pourraient, discrètement, soucieux de conserver, d’enrichir et de transmettre le patrimoine qu’ils ont reçu.

Les nouveaux riches, en revanche, vivent souvent dans un luxe ostentatoire, tapageur, insolent. A tout moment, ils ont envie de faire sonner leur bel argent, de faire savoir que leurs coffres sont pleins. Aucun signe extérieur de richesse ne leur semble superflu ni excessif.

Cet été, au cours d’un petit dîner à Cannes, la femme d’un grand promoteur immobilier arriva, couverte d’émeraudes : boucles d’oreilles, collier, bracelet, broche, bagues à presque tous les doigts. Seules ses chaussures avaient échappé aux joyeux.

Au dessert, d’un geste nonchalant, elle décrocha l’énorme croix qu’elle portait, la posa sur la table et d’un air fatigué dit à son mari :

— Mon chéri, elle est vraiment trop lourde.

Son voisin la foudroya du regard :

— Quel calvaire, Madame, l’argent c’est vraiment difficile à porter…

Il n’est ni interdit, ni répréhensible de gagner et de dépenser beaucoup d’argent, à condition de respecter certaines règles de savoir-vivre, c’est-à-dire :

  • La discrétion
  • Le discernement : on ne dilapide pas ses biens, on ne dépense pas à tort et à travers, on ne « claque » pas des fortunes au casino ;
  • Le sens du patrimoine : on fait fructifier l’argent hérité de ses parents avant de le léguer à ses enfants ;
  • Le sens du mécénat.

Je m’interroge : mes propos relèvent peut-être du bon sens, mais d’un bon sens étroit qui est le mien, peut-être pas le vôtre. Oui, je n’éprouve aucune attirance envers les flambeurs, envers ceux qui perdent ou jouent des fortunes. En revanche, j’admire les artistes qui dépensent, distribuent ce qu’ils ont dans leur poche, insoucieux du lendemain.

 

Comment vit-on avec peu d’argent ?

 

Mal, très mal. Y a-t-il un savoir-vivre quand n est vraiment démuni ?

Non, il y a d’un savoir-survivre. Et seul l’abbé Pierre qui a choisi d’aider le plus pauvres parmi les pauvres peut en parler.

La charité consiste à donner aux autres les moyens de vivre par leur propre travail et dans des conditions conformes à la dignité humaine.

Plus grande est votre fortune, plus grande est votre responsabilité envers ceux qui n’ont rien. »

 

 

Nadine de Rothschild, argent et leçon de savoir-vivre : 5 remarques

 

Les propos suivants sont personnels, j’ai conscience que vous puissiez, chers lecteurs, être en désaccord avec moi.

  • Le savoir-vivre des pauvres existent aussi.

Il n’est pas différent de celui « des riches ». La politesse ne dépend ni du sexe, ni de l’âge, ni du revenu, ni de la classe sociale, ni de la religion, ni de la profession, ni de la possession d’une particule dans son nom de famille.

  • La blague de mauvais goût rapportée comme anecdote par Nadine de Rothschild ne peut se comprendre qu’avec une culture judéo-chrétienne. « Croix » du Christ, « calvaire » = chemin de croix…
  • Etat donné que je ne vis pas à Paris, ou sur la côte d’Azur, ou dans un autre endroit où les dépensent ostentatoires des nouveaux riches sont visibles, je ne partage pas l’avis sur l’excès inversé par rapport à l’argent. Je vis au pays basque où les excès de fortunes ne sont pas vraiment connus. Donc, je n’irais pas jusqu’à dire qu’on a atteint « l’excès inverse ». Je pense qu’il y a encore de la marge avant de vivre dans une société où l’argent est roi. Mais, voilà… j’ai conscience que c’est différent « passé l’Adour » 🙂
  • Oui, je suis d’accord à 100% lorsque la baronne de Rothschild souligne qu’il est de notre devoir de faire fructifier notre héritage avant de le céder à la génération suivante.
  • La question de la responsabilité des riches envers les pauvres (pour utiliser des termes caricaturaux), est à mon sens, non une question de politique, mais de religion. Je trouve cela très beau que Nadine de Rothschild ait osé l’écrire dans son livre. Cependant, même si je partage ce noble héritage judéo-chrétien, je ne pense pas que la charité soit un sujet qui relève des bonnes manières.

 

 

2 comments

  1. serge says:

    Ce que vous dîtes est vrai mais il semble qu’il y a une certaine hypocrisie avec ce que la famille Rotschild fait, n’oublie pas que le système bancaire marche en créant la pauvreté. Pour en revenir à vos remarques sur le savoir vivre face à l’argent je suis tout à fait d’accord avec vous, il y a un savoir « être » face à l’argent effectivement.

    Serge de chien-traineau.fr

    • Hanna GAS says:

      Bonjour Serge,

      Oui, vous avez raison, le savoir « être » par rapport à l’argent existe bel et bien. D’ailleurs il serait intéressant de l’étudier en parallèle des cultures nationales, dans chaque pays il doit y avoir des variantes, j’en suis sûre.
      Amicalement,

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