Politesse & savoir-recevoir : la définition du PARFAIT hôte selon Amélie Nothomb

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Politesse & savoir-recevoir : la définition du PARFAIT hôte selon Amélie Nothomb

 

Amélie Nothomb, la célèbre romancière, nous est d’une précieuse aide pour définir l’aristocratie et les critères de distinction d’une parfait maître de maison. Dans Le Crime du compte Neville, paru en 2015, chez Albin Michel, l’auteur met en scène un compte, Henri Neville, vivant dans un château et recevant ses pairs. Je ne vous dévoile pas le reste de l’intrigue. Découvrez par vous-même, le livre est réussi !

 

Etiquette & l’art de recevoir : la définition du parfait hôte et du parfait invité selon Amélie Nothomb

 

Une sélection de citations va suivre. Je ne dis pas que tout est juste, il faudrait que je médite là-dessus plus longuement. Mais en tout cas, je pense qu’on s’approche de la vérité avec cette définition de la noblesse : ambitieuse, difficile, lourde à porter et très belle.

Lisez plutôt :

 

p.32

« A la fin de sa carrière, il avait calculé qu’il avait reçu mille personnes par mois. Pour cette raison, il était naturel qu’il ait développé une haute mythologie de l’invité. Au sein de l’espèce humaine, Henri considérait les invités comme les élus.

L’invité était celui que l’on espérait et attendait chez soi depuis toujours, dont la venue était préparée avec une attention extrême : il fallait préméditer les occasions de lui plaire et éviter ce qui pourrait lui être source de plus léger désagrément. Pour cette raison, il fallait le connaître, se renseigner à son sujet, sans pousser trop loin l’examen, de peur de témoigner d’une curiosité déplacée.

S’il avait été question que de choix alimentaires ou de goûts particuliers, cette orchestration eût été difficile. Mais l’essentiel demeurait la compagnie : il fallait que les autres invités soient à l’unisson de l’invité. L’étude des comptabilités relevait de l’entomologie : parfois, on pouvait croire que tel invité se réjouirait de la présence de tel autre et découvrir lors de la réception qu’ils se haïssaient, soit que ce sentiment se soit brusquement révélé, soit que l’on ait manqué un épisode dans leurs relations, ce qui constituait en soi une faute.

Tout cela apparentait l’invité à une sorte de messie. »

 

p.35

« Henri trouvait choquant que l’on puisse parler d’hôte de marque. Cet horrible pléonasme laissait supposer qu’un invité aurait pu bénéficier d’un moindre statut. Bien sûr, il savait que l’on ne reçoit pas le roi comme on reçoit ses amis d’enfance. Pour autant, il accueillait chacun avec des égards dus aux satrapes de l’Antiquité.

Par bonheur, tant d’efforts n’avaient pas été vains. Neville était passé maître dans l’art de rendre ses invités heureux. Son meilleur professeur en a matière avait été le roi Baudoin qu’il avait reçu au Ravenstein au début des années quatre-vingt. Pendant cette soirée mémorable, il avait intensément observé le comportement du roi. Celui-ci s’adressait à chaque personne comme s’il s’agissait de l’être qu’il espérait rencontrer depuis toujours : il buvait ses paroles avec l’attention la plus fervente qui puisse concevoir. Neville fut bouleversé par une aussi noble déférence et se promit de n’avoir jamais d’autre inspirateur, non qu’il se crût capable de l’égaler, mais parce qu’il lui avait donné d’entrevoir le Graal de l’entregent. »

 

p.70

« Être noble, mon fils, cela ne signifie pas qu’on a plus de droits que les autres. Cela signifie qu’on a plus de devoirs.

[…]

Où cessaient les droits, où commençaient les devoirs ?

[…]

De tous les devoirs qui lui incombaient, celui-là avait été le plus inhumain. Les autres, pour être moins affreux, ne manquaient pas de l’asphyxier : il fallait en toutes circonstances donner l’impression de la sérénité, de l’aisance, de la dignité, de la moralité, de cet édifice insensé de complexité qui constituait le paraître. »

 

On est vraiment dans la « noblesse noble » (redondance voulue !) et digne. Cela élève. Se mettre au service des autres nous donne toute notre liberté, notre bonheur, et notre grâce. On est proche d’un esprit chevaleresque médiéval et très chrétien.

 

 

S’il vous faut retenir qu’une seule chose de cette leçon de bonnes manières, mémorisez cela : accueillez chacun de vos invités comme si sa venue était la plus belle chose qu’il vous soit arrivé dans votre vie.

Et non, cela ne fait pas de vous un niais, un naïf ou un hypocrite. Au contraire, cela vous rend beau.

 

 

 

 

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