Comment ne pas se mettre les voisins à dos lorsqu’on fait des travaux chez soi ?

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Voisins, courtoisie et efforts à fournir :

Les relations avec les voisins sont radicalement différentes à la ville et à la campagne.

Je viens de la campagne. Chaque jour qui passait, j’ai salué mes voisins d’un signe de la main, d’un grand sourire et d’un bonjour inaudible car échangé depuis ma voiture. A la campagne, on se salue tous les jours. Et surtout, on salue TOUS LE MONDE sans exception. A la campagne, nous sommes tous amis, et ce n’est pas grave si nous apprenons (et oublions) les prénoms des uns et des autres seulement lors de la galette des rois organisée par le maire en janvier, ou lors de l’apéritif le week-end de la fête du village. A la campagne, les relations de bons voisinages sont très importantes.

Cet hymne à la campagne pourrait paraître idéalisé. Maintenant que j’habite en ville, j’embellis inconsciemment mon passé. Peut-être.

Mais je maintiens : les voisins participent à la beauté de la vie à la campagne.

En ville, à chaque déménagement, j’allais saluer mes voisins. Voisins de palier, et voisins du dessus comme du dessous. Dans l’immeuble, il y a toujours des « baladeurs » qui passent leur journée à « vivre », et donc ils sont les premiers à engager la conversation. Et moi, je joue le jeu. Nous bavardons.

Beaucoup de voisins sont étonnés de ma venue, voire méfiants (suis-je un témoin de Jehova pour oser ainsi frapper à la porte des gens ?). J’explique alors en m’excusant que je viens de la campagne et que c’est ainsi « chez nous ». Ils acceptent ma tradition paysanne et me rendent mon salut.

Petite parenthèse : en ville, pour un jeune couple qui commande régulièrement sur internet (nous, par exemple) les meilleurs voisins du monde sont les retraités. Ils réceptionnent toujours nos colis, puis ils laissent un gentil mot sur notre porte pour récupérer les paquets chez eux. A Noël, nous leur offrons des chocolats pour les remercier. Ils nous invitent alors pour un café. Et c’est génial ! Lors du choix de son chez-soi, le meilleur conseil que je puisse me permettre de donner (si jamais on me demande), c’est : ayez des voisins à la retraite. Fin de la parenthèse.

Et donc, je reprends. Je nouds des liens avec les voisins en ville. Au début, sonner à la porte d’un étranger avec un gâteau dans les mains est difficile. Puis, on s’y fait rapidement. La timidité disparaît avec les années.

 

Récemment : nouveau déménagement, nouvelle histoire. C’est pourquoi j’écris cet article d’ailleurs.

Nous faisions des travaux bruyants (pose de parquet pour ceux qui veulent des détails sur l’intensité du bruit). Un voisin a laissé un mot manuscrit dans le hall d’entrée pour signaler « qu’il en na qui bossent a 4h tous les matin » (oui, avec cette orthographe). Le lendemain, j’ai présenté mes excuses par un imprimé, joliment illustré, signé nommément, avec numéro de portable, et invitation à la rencontre pour sympathiser. Dans cette missive, j’annonçais également que pour nous faire pardonner nous laisserions le mercredi suivant une bouteille pour lui.

Pas de réponse. Ledit mercredi, je prépare 5 présents composés chacun d’une bouteille de vin, d’une boite de chocolats (ça coûte cher les travaux !) et d’un mot de ma part avec renouvellement d’excuses et annonce encore de quelques coups de perceuse à venir. Je laisse mon numéro de téléphone.

Je sonne chez tous les voisins. Pour deux d’entre eux, j’offre le présent en mains propres. L’un remercie (un super voisin ! le seul découvrirai-je par la suite), l’autre transmettra car il est un pote de passage, etc. Ok. Je dépose sur le palier pour les absents.

Pas de réponse. D’aucun.

Personne ne s’est fendu d’un petit mot dans la boite aux lettres, d’un texto de remerciement ou d’un passage directement chez nous pour remercier.

Je ne vais pas leur faire la morale. Je ne vais pas leur apprendre les règles élémentaires de politesse. Et je ne vais pas non plus couper tous rapports avec eux. Mais bon… j’aurais apprécié un petit sms de remerciement et de bienvenue dans l’immeuble. Voilà, c’est dit.

 

Donc après cet épisode, voici

Un petit guide de bonnes manières pour vivre en paix avec ses voisins :

  • Pas de musique, bruit, aspirateur avant 9h du matin et 22h du soir.
  • Saluez les voisins à chaque passage dans l’escalier ou dans la cage d’ascenseur.
  • Participez au dîner des voisins organisé une fois l’an.
  • Engagez la conversation avec les mamans et les enfants si vous êtes timides. Un compliment sur l’enfant vous fait gagner la sympathie immédiate de la mère.
  • Prévenez à l’avance si vous avez des travaux ou des soirées. Et demandez pardon pour le bruit. Informer ne suffit pas, il faut présenter ses excuses.
  • Offrez des chocolats ou une bouteille de vin le lendemain à vos voisins de palier/cloison. Pas à chaque soirée, mais une fois de temps en temps.
  • Pour les propriétaires, allez aux assemblées générales annuelles (non que je veuille me mettre tous les syndics à dos, mais les sommes d’argent claquées en votre absence sont importantes).
  • Si vous refusez la publicité dans votre boite aux lettres, ne la refilez pas au autre.
  • Si possible, diminuez le son de votre sonnette et de votre interphone.
  • Ne tapez pas votre tapis ou votre paillasson sur votre balcon.
  • Si votre cuisine est épicée, aérez.
  • Ne gaspillez pas l’eau, même si elle est comprise dans les charges communes. Au final, c’est toujours vous qui allez payer de toute façon.
  • Gardez vos animaux propres.
  • Mettez des chaussons sans talons.
  • Invitez vos voisins à votre crémaillère (quitte à en faire deux : une pour les amis et une pour les voisins »).
  • Signez par votre nom et prénom les missives placardées dans le hall. L’anonymat attire la violence et la méfiance. La « vraie personne » attire la sympathie.
  • N’entreposez pas vos affaires (vélo, poussette, aspirateur, chaussures) dans le couloir ou les parties communes.
  • Si un voisin aménage, prêtez-lui une rallonge et votre électricité pour les quelques heures qu’il doit faire avant de débarquer avec ses cartons. EDF met 10 jours, c’est long !
  • Respectez les places de parking.
  • Ne refaites pas le monde sur votre balcon. Vos idées politiques, économiques et sociales pourraient offenser vos voisins.
  • S’il y a un décès, écrivez une carte à la famille et glissez-la dans la boite au lettre.
  • A l’arrivée de nouveaux voisins, allez-les saluer et présentez-vous.

 

Si vous avez d’autres idées, n’hésitez pas à compléter cette liste.

Les relations de voisinage entrainent toujours de l’entraide (aller chercher les enfants à la même école un jour sur deux), de l’amitié (qui parfois survit au déménagement), et de la plus-value à votre investissement (vendre votre bien avec des voisins qui vous détestent et qui n’hésitent pas à faire votre portrait lors du second passage des potentiels acheteurs —sans vous— est très difficile).

Cheers vos voisins !!

 

 

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