Jean-Paul II et les arrangements avec le protocole du Vatican

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Jean-Paul II et les arrangements avec le protocole du Vatican

 

Dans Paroles joyeuses de Jean-Paul II, publié aux éditions Salvador en 2006, Janusz Poniewierski et Jan Turnau rassemblent une cinquantaines d’anecdotes qui révèlent l’humour de saint Jean-Paul II.

Les témoignages retracent la vie de Karol Wojtela depuis l’adolescence à la papauté. Même prêtre, évêque et pape, l’homme ne perd pas son sens de l’humour. C’est d’ailleurs sa méthode pour se sortir de situations protocolaires qui ne lui plaisent pas.

Plusieurs fois ce sur blog, nous avions évoqué l’humour comme moyen de se sauver d’une situation. Toutefois c’est plus facile à dire qu’à faire.

Alors ici, voici trois extraits qui mettent en scène l’humour d’un grand gentleman pour traverser la vie avec aisance et élégance.

 

Jean-Paul II, bonnes manières, et humilité

 

p.60

Pologne, après-guerre. Une jeune étudiante voit arriver son professeur, le père Karol Wojtela, avec un sac en cuir neuf. Cette sacoche l’hypnotise tellement elle dénote avec la pauvreté d’après-guerre.

Elle raconte :

« Je me penchais vers le sac pour le toucher et dis :

« Voilà, les prêtres qui juraient de vivre dans la pauvreté portent des sacs de luxe et nous les étudiants, nous portons nos livres emballés dans de vieux journaux. »

A ces paroles le silence se fit et j’aperçus les regards de mes copains indignés par le manque de politesse et de savoir-vivre donc je faisais preuve. Le lendemain matin ma remarque maladroite eut sa suite. Je vis un de mes copains qui, pressé pour être à l’heure en cours, fit tomber ses livres par terre et ses cahiers, enroulés dans un journal. Je l’aidai à les ramasser et je lui dis qu’il devrait avoir un sac pour porter ses ivres.

— Je n’ai pas assez d’argent pour déjeuner, alors m’acheter un sac…, répondit le garçon.

Le père Wojtyla se tenait relativement près de nous. il avait le visage rouge, je pensais qu’il était fâché. Il s’approcha de nous et dit :

— Tu as raison… Oui, tu as raison… Les prêtres ne devraient pas… […] Je te prie de prendre ce sac, de le vendre et de distribuer l’argent aux étudiants. »

Source : lettre de Mira Lendzion-Zbieranowska, 4 juin 1997

 

 

p.88

En 1967, l’archevêque de Cracovie fur nommé cardinal. Le futur pape se rend alors à Rome pour l’intronisation officielle. Un dress code très strict exige une tenue rouge. Par temps communistes en Pologne, c’est difficile. Malgré tous ses efforts, le futur Jean-Paul II ne trouve pas de chaussettes rouges.

L’évêque Pietronek qui fit la route jusqu’à Rome avec son ami raconte cette anecdote :

« Le cardinal Wojtyla reçut donc sa calotte cardinatrice dans une tenue incomplète du point de vue de l’étiquette de l’Eglise. Lorsqu’ils sortirent de la cérémonie de la chapelle Sixtine, Wojtyla s’adresse au Père Pietronek : « ça n’est pas si mal. Deux autres cardinaux n’avaient pas non plus de chaussettes rouges ! ».

 

p.114

« Le nouveau Pape ne s’inclina pas devant les pressions du Service du protocole du Vatican. Bien au contraire : il agissait selon ses propres règles. Le Vatican s’ouvrit de multiples manières à de nombreux visiteurs, en diverses circonstances : la messe du dimanche, les repas quotidiens, les promenades, tout cela état l’occasion de faire des rencontres… »

 

Et un petit garçon s’invite à la table du pape Jean-Paul II :

« Liliana et Boguslaw passaient autrefois leurs vacances à Castel Gandolfo. Lorsque la messe du matin, célébrée par Jean-Paul II, fut terminée, leur fils de quatre ans demanda au Pape :

— Tu vas nous inviter à prendre le petit-déjeuner ?

Le pape acquiesça de la tête. Mais la mère de Jacek, estimant que celui-ci avait forcé la main du Pape, toute la famille rentra à l’hôtel au lieu de suivre le Pape.

Quelques jours après, ils reçurent une invitation officielle à déjeuner. Lorsqu’ils s’assirent à la table, Jean-Paul II s’adressa au garçon :

— Pourquoi n’es-tu pas venu pour le petit-déjeuner l’autre jour ?

— Parce que maman ne l’a pas autorisé, répondit-il.

— Et alors ? répondit le Saint Père en tournant la tête. On ne refuse rien au Pape.

Pendant le repas, le garçon chahutait un peu : il alla se placer derrière la chaise du Pape et commença à grimper dessus.

C’en était trop pour la mère. Elle était sur le point de le  calmer son fils lorsqu’elle entendit :

— Laissez, laissez. L’année est tellement triste ici. »

Source : B. Sonik, 1998

 

 

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