A quelle heure devons-nous quitter nos hôtes… selon Proust ?

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A quelle heure devons-nous quitter nos hôtes… selon Proust ?

 

p.54

« L’heure de la retraite

Recevoir ses amis constitue, si bien organisé(e) que l’on soit, une dépense d’énergie et une tension nerveuse, et c’est aux invités de le comprendre en ne retardant pas outre mesure le moment où la maîtresse de maison pourrait prendre un repos bien mérité.

Brillat-Savarin disait : « Que la retraite ne commence pas avant onze heures, mais qu’à minuit tout le monde soit couché ». Il est vrai qu’on dînait de très bonne heure au début du siècle dernier, et onze heures-minuit comme heure fatidique peut nous sembler un peu tôt aujourd’hui. Il n’en reste pas mois que rien n’est plus pénible qu’une soirée qui traîne en longueur, avec des hôtes qui étouffent à grand-peine des bâillements d’ennui, et des invités qui semblent trop fatigués pour pouvoir encore se lever.

A vrai dire, l’heure de prendre congé dépend des habitudes de la maison, et des obligations que peuvent avoir le lendemain, de bonne heure, les hôtes comme les invités. Si partir trop tôt, dès le café avalé peut signifier qu’on s’est ennuyé, s’incruster est un manque d’égards.

Certains hôtes ont la manière pour signifier qu’il est l’heure de se séparer. Dans Proust, on apporte l’orangeade et tout le monde comprend. Faites de même : proposez, en fin de soirée, des rafraîchissements (jus de fruits, soda, etc.) qui implicitement donneront le signal de départ. Si vos invités semblent ne pas comprendre et que l’heure est vraiment avancée, dites franchement que vous devez vous lever tôt ou que vous êtes éreinté(e), ou bien retournez hypocritement la situation : « Mais on bavarde, on bavarde, suis-je égoïste ! Je sais combien vous êtes occupé, je ne voudrais pas vous retenir plus longtemps ».

Beaucoup de gens ne peuvent se résoudre à prendre congé, soit par timidité, soit parce qu’ils craignent de manquer quelque chose d’intéressant ou qu’on se mette à parler d’eux. D’autres prolongent dans le vestibule ou sur le palier une conversation à laquelle ils ne savent mettre terme, réitérant cent fois leurs remerciements, entamant quelque anecdote qui n’en finit pas et en appelle une nouvelle… Soyez bref. Levez-vous, remerciez gentiment et partez. »

 

Extrait de Savoir recevoir, Savoir vivre, de Michel Guibert et Pauline Delamarque, paru aux éditions France Loisirs, en 1990.

 

Cela me rappelle toute l’aventure : Comment mettre ses invités à la porte ?

 

 

 

2 comments

  1. Juliette says:

    Bonjour Hanna, je suis malheureusement confrontée régulièrement à ce problème. Je travaille un week-end sur deux et il n’y a rien de plus désagréable de voir les invités s’éterniser alors que vous travaillez le lendemain ( et ils le savent!).
    Merci pour le conseil du rafraichissement, j’essaierai la prochaine fois.

    • Hanna GAS says:

      Bonjour Juliette,
      Courage à vous ! C’est un point très délicat, et il est dommage que certaines personnes n’y soient pas suffisamment sensible. Cela gâche quelque peu le plaisir de la soirée.

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