Chasteté des couples mariés : 31 balises pour vivre un mariage sain

 

Chasteté des couples mariés : 31 balises pour vivre un mariage sain

 

 

Magazine « Aimez-vous les uns les autres » :

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4 comments

  1. Plume says:

    Les jauges bougent au cours de la vie maritale. On ne les mets pas tout à fait au même endroit en début de mariage ou de vie de couple qu’après 40 ans de compagnonnage. Et n’allez pas penser que c’est une perte, bien au contraire, non seulement on ne perd rien, mais en plus il nous est donné de vivre plus en profondeur donc on acquiert (un peu comme des intérêts bancaires) des plus. Plus de légèreté, plus de transparence, plus de communion, plus de joie et de plaisir, plus de connaissance intime de l’autre et de soi, plus de temps…
    J’ajouterai, je me le permets car la vidéo se place sur le terrain de la croyance, que le mariage et les relations intimes sont du registre de la prière. Faire l’amour de tout son être et son âme et son coeur est une chose précieuse qui a mes yeux est de l’ordre d’une forme de prière sacrée. Oui j’ose le terme. Comme tout sacré, beauté, authenticité, et pureté, sont intimement lié. J’en avais une puissante conscience à 24 ans et cette conviction est si ancrée en moi et dans mon couple, que nous pouvons parler non seulement de notre disponibilité ou non, mais aussi des obstacles et de notre croissance mutuelle dans ce domaine. La chasteté n’est pas l’absence de relation charnelle (ce n’en est que la manifestation) comme on l’entend bien souvent (surtout dans le cadre monastique ou catholique) la chasteté, c’est la pureté des intentions, la voie où je mets mon énergie, est-ce que je la met dans la recherche d’un orgasme et basta et tout est raté s’il n’est pas présent ? Ou je mets mon énergie dans le bien-être de l’autre, dans l’altérité. Non qu’il faille se sacrifier, je ne parle pas de cela, mais il convient d’avoir en ligne de mire que les relations intimes sont un choix de l’ordre de la Vie, donc du Divin. Tout ce qui sort de ce cadre est donc une forme de perversion. Si je me consacre à Dieu je mets mon énergie vitale à son service, si je reçois la grâce du mariage, je la mets dans la gestion partagée de la famille, de sa croissance et de son bien être. Si je reçois la grâce du célibat je mettrai mon énergie ailleurs. Il s’agit surtout de reconnaître simplement où Dieu nous place et quelle notre vocation intime. Et donc c’est moins dans les gestes publics que se situe le couple. William d’Angleterre et Baudoin de Belgique avaient et ont encore ce geste que je trouve particulièrement évocateur de la main dans le dos de leur douce moitié. Ce témoignage public d’affection « où qu’il soient » est merveilleux et nous le pratiquons aussi.
    Il se trouve que j’ai de « jeunes couples » sous mes yeux souvent. Et il faut être fin limier pour découvrir leur code publics ! Il semble donc que les temps changent. Alors que le porno s’affiche facilement sur des téléphones portables, on pourrait penser que nos jeunes sont sous influence. Eh bien pas tous les jeunes en tous les cas… Une grosse majorité qui ne fait pas la une des journaux ont une sexualité saine et en évolution positive. Cela tient a quelques règles éducatives simples que les parents enseignent sans le savoir: pudeur, respect de l’autre de son intégrité ( mentale, physique, spirituelle, financière, professionnelle) et maîtrise de soi (oui tu peux être en colère, triste fâché ou trouver injuste, toutefois, cela ne t’autorise pas à … je vous laisse le soin de compléter) ce respect s’enseigne dés le plus jeune âge. Et là pas besoin de religion chacun peut l’enseigner à ses enfants.

  2. Florence says:

    Bonjour Hanna,

    J’ajoute un autre point qui peu être intéressent. Avoir de la retenue quand on invite un(e) ami(e) célibataire. Sinon ce(tte) dernier(e) peut se sentir mal à l’aise et vouloir repartir

    Amicalement

  3. Crécerelle says:

    Bonsoir Hanna,
    Je me souviens encore de ma cousine, bouche bée lors du mariage de sa soeur il y a bien 20 ans maintenant : c’était la première fois qu’elle les voyait s’embrasser.
    Tiens, d’ailleurs, côté chasteté du couple : ne pas faire durer le bisous à la sortie de l’église lorsqu’on est jeune marié… Bien qu’attendu des photographes, il devient génnant pour tout le monde s’il s’éternise (ni le rendre trop voluptueux soit dit en passant).
    A l’inverse, je pense qu’il est bon, en public, de montrer, d’une façon ou d’une autre, surtout lorsque l’on ne connait pas toute l’assistance, que notre mari/femme est bien notre conjoint. Cela permet à ceux qui ne nous connaissent pas d’éviter les impaires ET de couper cour à tout propos malveillant sur l’état de santé de notre couple si l’on parait trop distant. Ce n’est pas du vécu, mais juste une idée.

  4. Jeanne says:

    Je suis heureuse d’avoir retrouvé vos vidéos. Elles m’étaient sorties de l’esprit je ne saurais dire comment alors même qu’elles sont d’un accès si simple pour peu que l’on sache quels mots rechercher sur YouTube. Vous n’imaginez pas combien vos paroles m’ont accompagnée. Comme vous le disiez si justement vous auriez aimé plus jeune disposer de conseils semblables à ceux que vous partagez dans ces vidéos. Et je vous le confirme : ces paroles m’ont été d’un recours inestimable.
    Il me reste cependant un point qui continue de me questionner non par désaccord mais par soif de compréhension : il s’agit de la distinction entre la continence — ou disons une certaine retenue dans la chair — et la chasteté véritable plus vaste plus exigeante plus lumineuse aussi. C’est une confusion que j’ai moi-même longtemps entretenue et que je remarque encore souvent autour de moi notamment sur internet. Dans mes recherches j’ai trouvé bien peu de clarté entre ces deux concepts. Les définitions s’emmêlent les propos manquent parfois de justesse comme si le simple fait de nommer ces choses effrayait. Peut-être est-ce le tabou qui plane encore sur ces sujets ou le regard souvent moqueur jeté sur ce qui évoque la réserve la maîtrise de soi la patience du cœur et du corps. Il me semble pourtant à mesure que j’avance que ces distinctions sont cruciales pour cheminer en vérité. Pour retrouver un équilibre intérieur surtout lorsqu’on vient d’un monde où tout déborde et où je me suis à un moment sentie perdue à force de m’être tout permise. C’est surtout en observant certains discours modernes que j’ai compris l’ampleur du malentendu. Ceux qui se réclament d’un progrès des mœurs — et je ne nie pas que de justes combats y sont menés — regardent souvent ces notions avec condescendance et ironie. Pour eux parler de chasteté c’est parler d’enfermement d’austérité c’est renier le corps pour faire la part belle à l’esprit ne garder que la prière et l’interdit. Mais ils se trompent tellement — et je le sais bien parce que je l’ai moi-même pensé pendant un temps. Je croyais autrefois que me priver de certains gestes que la seule retenue suffisait à m’élever. Mais on peut fort bien vivre dans la continence et mener une existence tout sauf chaste. La chasteté j’en découvre chaque jour une nouvelle facette. Ce n’est pas une simple absence de gestes mais une manière de se tenir au monde avec délicatesse.
    Le véritable tournant de ma vie a eu lieu quelques années avant mon mariage. J’étais arrivée à un point d’étouffement. Mon rythme mes habitudes mes fréquentations mes plaisirs… tout cela que j’avais cru être des choix libres s’était peu à peu transformé en un abrutissement constant qui me vidait de l’intérieur. Mais un grave accident m’a conduite à l’hôpital et lorsque le verdict est tombé — que je ne pourrais plus porter d’enfant — j’ai eu un véritable déclic. J’étais déjà mère mais cette stérilité soudaine m’a profondément bouleversée. C’est dans cet effondrement que j’ai commencé à m’interroger sur ce que j’étais devenue sur ce que j’avais poursuivi. Car si j’en étais arrivée là c’était bien à cause d’une fuite en avant constante vers un but qui au fond n’existait pas vraiment. Il a été dur pour moi de savoir regarder lucidement ce que j’avais semé pour comprendre ce que j’en avais au final récolté. Ce passage à vide, celui qui allait devenir mon mari et avec qui je vivais déjà, l’a traversé avec moi. Il aurait pu se détourner s’effondrer lui aussi. Mais il a compris. Nous avons tous deux été forcés de poser un genou à terre. Et c’est dans cette brèche que pour la première fois une lumière discrète a filtré et que nous nous sommes interrogés sur ce que nous souhaitions réellement construire. Je me reconnais dans cette idée que les jauges comme vous les appelez si joliment ne se placent jamais aux mêmes endroits selon les saisons de la vie. J’ai traversé dans mon couple des remous profonds des renoncements des silences parfois douloureux — et pourtant c’est dans ces espaces de retrait d’attente et de réajustement que nous avons découvert mon mari et moi une autre manière d’aimer. Une manière plus lente plus contenue plus essentielle.
    J’ai longtemps cru comme beaucoup je pense que la profondeur du lien passait nécessairement par une forme d’intensité visible. Or comme vous le dites si bien ce sont parfois les gestes les plus discrets — une main posée avec bienveillance un regard attentif une présence calme — qui révèlent la communion véritable. J’ai appris à préférer ces élans paisibles aux flambées d’émotion et ce choix a transformé notre foyer. Je vous rejoins aussi de tout cœur dans cette conviction que l’union intime — dans ce qu’elle peut avoir de plus élevé — peut devenir une forme de prière. J’ai moi-même mis beaucoup de temps à comprendre que la retenue loin de n’être qu’un retrait pouvait être un don. Qu’elle devenait un espace de croissance non une négation de soi. Et plus encore : un terrain de fécondité intérieure où la maîtrise de soi le respect mutuel et la pudeur tissent des liens plus durables que mille élans désordonnés. Je n’ai pas reçu la foi de façon classique — mon parcours est plus chaotique — mais je crois de toute mon âme que le sacré peut naître dans la justesse d’un engagement. Dans le fait de se tenir avec loyauté et humilité là où la vie nous a placés sans chercher à singer des idéaux mais en acceptant que la beauté puisse advenir dans la simplicité du quotidien J’ai une grande ado et je tâche à mon tour comme je peux de lui transmettre ce goût du respect de soi et de l’autre cette lente conquête de la maîtrise qui commence dès l’enfance. Je lui enseigne — non par grands discours mais par l’exemple — que l’élégance véritable se trouve dans l’attention la retenue le soin que l’on met dans les gestes les plus modestes.

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