Usages et convenances : à partir de quel âge peut-on laisser son enfant sortir seul avec ses amis ?

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Usages et convenances : à partir de quel âge peut-on laisser son enfant sortir seul avec ses amis ?

 

Initier nos enfants au plaisir des papilles, des mondanités et de la vie « des grands » est un long chemin. L’apprentissage se fait par étapes sur de nombreuses années.

Autant il est caricatural de sortir un bébé qui hurle dans un restaurant autant il est triste de constater dans certaines stations balnéaires huppées (Biarritz pour citer un exemple que je connais bien) des préados qui vont « naturellement » boire un verre à la terrasse de l’hôtel Eugénie (un 5 étoiles !). Seuls, sans adultes, adeptes de la « sape » comme il se dit à leur âge, et avec la carte bleue des parents.

Certains me diront tout de suite qu’ils sont en sécurité là-bas, que ce n’est pas un tort d’avoir des parents aisés financièrement, et qu’à choisir il vaut mieux qu’ils sirotent un coca à 13 euros dans un palace plutôt qu’ils fument un joint sous un pont.

J’accepte tous ces arguments.

Ecartons-nous des situations extrêmes, et concentrons la réponse sur les enfants de Monsieur et Madame tout le monde. Autrement dit ceux qui : 1/ jugent que 3,50€ pour un coca est déjà un prix maximum ; et 2/ avant de seulement envisager l’hypothèse de laisser sortir son enfant « boire un verre » avec ses amis, ils se lancent dans un speech « moi, de mon temps… à 18 ans je n’avais toujours pas d’argent de poche… ou d’amis… »

 

Laisser son enfant sortir seul avec ses amis : oui, mais quand ?

 

J’ai l’impression que, de nos jours, la jauge de ce débat penche davantage vers l’indicateur de « sécurité » que des « bonnes manières ».

Autrefois, les enfants n’étaient jamais laissés seuls. Rappelez-vous la littérature et les films historiques : un enfant seul est un enfant avec une nounou ou une gouvernante. Une jeune fille seule est une jeune fille accompagnée seulement de son chaperon. Un garçon seul est un jeune homme secondé par son valet ou son écuyer.

La solitude est un privilège d’adultes et de vieillards. Privilège ou punition ? Les historiens spécialistes de l’Histoire des mentalités (branche récente de l’historiographie) se passionnent pour ces questions-là.

Toujours est-il que cet idéal est en train de basculer depuis des années. Les médias présentent deux discours contradictoires : le must est d’être autonome et indépendant, ET en même temps de vivre entouré d’amis (je n’ai pas dit « famille »).

 

Je vous avoue tout de suite, je n’ai pas la réponse à la question que j’ai posée : à partir de quel âge peut-on laisser sortir son enfant seul avec ses amis ?

Ces derniers temps, j’ai discuté avec de nombreux parents et non seulement les avis divergent mais en plus il n’y a même pas de « majorité des avis ».

Ou plutôt si… quasi aucun parent ne veut laisser sortir son enfant avec ses amis sans la présence d’un responsable. Que l’enfant ait 7 ou 17 ans…

 

Mais alors d’où sortent tous ces adolescents dans les rues ? Les parents les pistent-ils à distance ?

 

4 comments

  1. Mélissa says:

    Bonjour Hanna
    Je trouve cet article très intéressant et il donne matière à réflexion.
    J’ai envie de dire qu’aujourd’hui, la grande majorité des jeunes, si ce n’est pas tous, possède un téléphone portable, et ce, de plus en plus tôt. Les parents comptent sur cet outil pour « surveiller de loin », pour demander des nouvelles etc…
    Personnellement, j’ai eu le droit de sortir petit à petit. À 12 ans, j’avais le droit d’aller avec une copine dans le village et je devais être à la maison à 22:00. Ma maman m’y attendais et vérifiait. À savoir qu’il y avait généralement des adultes non loin de là en qui ma maman avait confiance. À partir de 16 ans, j’ai eu le droit de sortir jusqu’à minuit et d’aller en ville. Je devais absolument toujours dire où j’étais, avec qui et ce que j’avais prévu de faire avant d’avoir le droit de sortir. Et là de nouveau, ma maman m’attendait à minuit pile. De 16 à 18 ans, les règles se sont gentiment assouplies, j’ai pu sortir jusqu’à une heure, puis deux, puis trois et ensuite j’ai été majeure. J’étais de moins en moins contrôlée, mais je racontais généralement de moi-même ce que j’avais fait.
    À part ça, c’est aussi une question de confiance. Mes frères ont eu moins rapidement autant de privilèges car ils essayaient de tricher.
    À part ça, je dois aussi dire que je ne suis pas quelqu’un qui vais sortir beaucoup. Je préfère aller boire un verre dans l’après-midi ou aller manger avec quelqu’un plutôt que de rentrer à des heures incroyables.

    Voilà un peu de mon témoignage, je l’ai bien vécu et je pense que je ferai quelque chose de similaire avec mes propres enfants.

    Cordialement

    • Hanna GAS says:

      Bonjour Mélissa,
      Merci pour votre témoignage très précis (avec horaires). Cela permet de mieux appréhender cette réalité de « sorties adolescentes ». J’aime beaucoup le souci d’honnêteté et de confiance dans votre relation avec votre mère.
      Bon week-end, amicalement,

  2. Crécerelle says:

    Bonjour Hanna,
    Il y a quelque temps, je discutais avec une conseillère familiale. Elle m’a parlé d’une famille, où, les parents, par volonté de mise en confiance de leur fils adolescent ne lui imposait aucun horaire ni conditions pour ses sorties. Les parents considéraient qu’il avait à se responsabiliser et qu’eux-même seraient toujours là en cas de besoin. Le fils comprenait le message d’une autre façon : « mes parents n’en ont rien à faire de moi » et « lorsque je rentre d’une soirée, ils sont déjà couchés ». Si cela peut apporter de l’eau à votre moulin…

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