Convient-il à une maîtresse d’assister à l’enterrement de son amant ?

Convient-il à une maîtresse d’assister à l’enterrement de son amant ? deuil funérail

 

Convient-il à une maîtresse d’assister à l’enterrement de son amant ?

 

Avant que vous ne me disiez « Hanna, où êtes-vous allé chercher un sujet pareil ?! », « avez-vous réellement épuisé toutes les suggestions d’articles de votre carnet ? » , laissez-moi vous expliquer.

Je lisais durant les vacances le roman Cocktail Club de Madeleine Wickham, alias Sophie Kinsella. C’est l’auteur de la saga Une Accro du shopping.

C’est de la littérature dite légère et féminine. J’aime beaucoup m’y plonger à l’occasion.

 

Convient-il à une maîtresse d’assister à l’enterrement de son amant ?

 

Je lisais donc le roman Cocktail Club. J’apprends qu’une des héroïnes est la maîtresse d’un homme marié et père de famille. Ma déception est grande. Je ne m’attendais pas cela de l’auteur. Ses romans sont certes qualifiés de chick’lit, mais jamais ô grand jamais, il n’était question d’adultère. Banaliser et glamouriser ainsi ce genre de comportement ne me plaît pas.

 

Attention spoiler : L’homme marié est mort.

 

L’héroïne apprend son enterrement. Elle y va. Elle croise le regard de l’épouse légitime, et des enfants-adultes de son ex-amant. On devine dans le silence que tous connaissaient la double-vie de Monsieur.

 

Et là, je suis prête à fermer le livre. C’est trop pour moi.

 

Et beau retournement de situation en faveur de l’héroïne : elle refuse de rentrer pour suivre la cérémonie funéraire. Elle juge elle-même que ce serait déplacé, impoli et inconvenant.

 

Mademoiselle a retrouvé grâce à mes yeux.

J’ai donc terminé le livre 🙂

 

 

Ce passage me donna donc l’idée écrire cet article.

Je voudrais connaître votre avis sur la question.

 

Enterrement de son amant ? ou de sa maîtresse ? – Qu’en est-il ?

 

Seriez-vous aussi choqué que moi ?

Considérez-vous que toutes les personnes qui ont aimé le défunt ont le droit de lui rendre un dernier hommage ?

Considéreriez-vous comme une insulte la présence de la maîtresse du défunt ?

La maîtresse est-elle dispensée des condoléances ? ou faut-il lui en faire au contraire ?

 

 

13 comments

  1. 6oeufsbio says:

    Bonjour Hanna,

    spontanément, je dirais que :
    Ce qui a été public durant la vie du défunt l’est aussi au jour de sa mort.
    Ce qui a été caché devrait rester caché si ça n’honore pas le défunt et sa famille.
    Les langues se délieront surement après les obsèques et la lumière se fera sur des zones d’ombres de cette personne.
    Si une maîtresse faisait partie de la vie cachée et sombre de cet homme, elle n’a pas le droit de se montrer en plein jour comme si elle était un membre de la famille. Cette pensée est révoltante.
    Elle l’a aimé en cachette, elle le pleurera en cachette.
    Bonne journée.

  2. Florence Feuillet says:

    Chère Hanna,
    comme vous semblez vous–même le considérer, un homme marié n’est pas un homme libre et une femme qui se respecte ne se lie donc pas à un homme marié. Celle qui, par naïveté, par faiblesse, par incapacité à se protéger s’engage dans la voie difficile et souvent douloureuse de la relation adultérine est « transparente », elle « n’existe pas » au côté de celui qui n’est que son amant, quel que soit l’intensité du sentiment amoureux qui les lie. Lors de funérailles, le savoir-vivre passe avant tout, par respect pour l’ensemble de la famille, en particulier des enfants, des amis et de tous ceux qui y participent, rien ne doit troubler cette cérémonie. La présence d’un/e amant/e ne pourrait que perturber la solennité de ce moment et surtout blesser ou faire souffrir l’un ou l’autre des participants. Le ou la partenaire illégitime n’y a donc pas sa place mais pourra en toute discrétion aller plus tard se recueillir sur la tombe, sans y laisser de fleurs ou de message. Il est certainement très difficile et douloureux de s’en tenir à cette règle mais elle reste à mon sens incontournable.
    Bien amicalement,
    Florence

  3. Plume says:

    Prenons l’exemple de François Mittérand, Sa veuve Danielle a accepté que la mère de Mazarine et Mazarine elle-même se tiennent à ses côtés. C’est un vibrant témoignage d’amour. Devant la mort tous s’inclinent.
    Mais :::
    Si la famille est dans l’ignorance, n’arrive pas à pardonner une inconduite, il conviendrait que la maîtresse tout comme l’amant en sens inverse ne participe pas à la partie privée des obsèques. La cérémonie religieuse est en principe publique à l’église et privée lors de l’inhumation. Les phrases telles que veuillez respecter l’intimité de la famille, ou funérailles dans l’intimité, n’ont pas lieu d’être à mes yeux. Le décédé faisait partie de la communauté humaine, d’une communauté de vie ou de famille, de travail, vouloir l’enterrer en toute discrétion (et même si ce sont ses propre vœux) c’est dénier aux membres de cette communauté le droit de pleurer et de rendre hommage à l’un des leurs.
    Je garde en tête que la bienséance est avant tout une affaire de cœur, ne pas blesser l’autre, lui rendre la vie légère et bienveillante. C’est cela qui guide ma conduite et non un fatras de règles et d’usages dogmatiques. On ne connaît pas le cœur des autres ni ce que Dieu sème à l’intérieur. Accueillir un amant, une maîtresse est une parole forte: oui il-elle a péché, mais Dieu est au-dessus du péché.

  4. Plume says:

    Petite question puisque vous en avez parlez.
    Comment auriez-vous réagis si (un énorme si, je ne veux pas vous blesser et imaginer ce qui n’est pas)) une personne que vous saviez être proche d’un de vos parents s’était présentée à l’église lors des funérailles?

    • Hanna GAS says:

      Bonne question.
      A chaud (sans beaucoup de réflexion), je dirais que j’aurais une très grande distance par rapport à elle. La salutation se « réduirait » un croisement de regard avec un visage neutre. Pas de scène, pas de reproches, pas d’interdit. Mais pas de marque d’amitié non plus.
      Peut-être est-ce peu charitable… Mais spontanément, je me dis qu’il est bon que lors des funérailles la mémoire du défunt doit être « propre ». On ne sort pas les gros dossiers, on les efface de sa mémoire.

  5. Miaou says:

    Bonjour

    Je vais tenir un langage inverse des précédents qui semblent très choqués à l’idée qu’une maîtresse assiste aux funérailles et estiment que le mari est une sorte de « propriété » de l’épouse et des enfants.

    Je m’en réfère à la religion et à la loi.

    Religieusement, si le mariage avec la première femme est nul, et si le mari s’est déjà engagé avec la maitresse, c’est une situation très compliquée. La maîtresse serait alors une fiancée et l’épouse, une ancienne maîtresse ou une personne qui s’est embarquée de bonne foi dans un mariage qui n’a en réalité pas existé. En revanche, les enfants sont légitimés par le mariage religieux ou civil, même nul. La question est vraiment très épineuse, à résoudre au cas par cas. Je préconiserais que chacun fasse à sa façon de bonne foi, et que les dernières volontés du défunt soient respectées, si elles existent. Cette situation n’est pas un cas d’école, car un mariage peut être religieusement nul, alors que le divorce civil n’est pas encore finalisé (même si généralement, le divorce civil est bien plus rapide que l’annulation d’un mariage religieux)

    Souvent, le mari ne vit plus avec sa femme et vit avec sa maîtresse ou seul, quand il n’est pas sur le point de divorcer.

    Rien de plus ridicule que ces femmes qui après avoir vilipendé leur mari et qui sont en réalité en situation de nullité de mariage religieux, même s’il n’a pas été prononcé, rien de plus ridicule que ses anciennes épouses, qui ont souvent elles-mêmes demandé le divorce ou la séparation, qui se précipitent sur la dépouille de leur (ex-)mari et s’imaginent pouvoir tout gérer en ignorant sa vie réelle.

    Au niveau droit, toute partenaire d’un homme a des droits. Si l’homme était bigame, avec une femme officielle et une femme sous le manteau, il s’expose à ce que chacune fasse valoir ses droits. Ce que je préconise dans ces cas, c’est une petite annonce neutre, où personne n’annonce et une cérémonie la plus intime et discrète possible. Un tel personnage ne mérite pas un enterrement en grande pompe. Ou si chacune, pour des raisons personnelles, désire revendiquer ses droits, une annonce et une cérémonie par partie. Cela se voit de temps en temps. Puisque ni l’une, ni l’autre n’a envie de s’effacer. Il n’y a pas de raison d’effacer l’une au profit de l’autre, puisqu’il ne l’a pas fait durant la vie, jouons-la donc à la Salomon.

    Au niveau convenances, on ne peut empêcher une maîtresse de se rendre à la cérémonie. Une messe est normalement ouverte à tous.

    En droit, on ne peut pas non plus l’empêcher de lancer un faire-part, ni d’organiser des cérémonies. Sauf si elle revendique à mauvais escient sa qualité de partenaire (qu’elle serait une parfaite fumiste et ne l’a même pas connu).

    Puisque l’épouse n’a pas su garder son mari et les enfants garder leur père auprès de leur vraie mère, ils n’ont qu’à assumer les choix de vie de leur père et respecter le chagrin de ses autres partenaires.

    Donc, je suis en parfaite opposition avec les propos des précédents, qui ont l’air de considérer les maîtresses comme des choses et les anciennes épouses comme des victimes qui ont tous les droits. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir. Une épouse qui tient à faire un faire-part comme si elle était la seule épouse et qui agit comme si les autres n’existaient pas commet en réalité un mensonge public. La vraie courtoisie dans ce cas, c’est un faire-part minimaliste, où personne n’annonce et des obsèques dans la plus grande intimité.

    Si les femmes veulent du flonflon, elles devront s’assumer mutuellement comme elles l’ont fait dans la vie.

    C’est d’ailleurs ce qu’avait très bien fait Danielle Mitterrand, que je prends pour référence. Elle avait amené au premier rang Mazarine Pingeot et sa mère et pourtant c’était il y a bientôt trente ans, où les convenances étaient plus strictes.

    Cordialement

    Miaou

    • Hanna GAS says:

      Bonjour,
      Merci beaucoup pour ce point de vue. Je n’y avais pas pensé. Merci pour cet éclairage argumenté et plein de charité.
      La question est délicate, vous avez très bien exposé les enjeux. Merci, je vais y réfléchir davantage et à tête reposée.

    • Nelly says:

      Bonjour,

      Question intéressante !

      Pour votre phrase : « Puisque l’épouse n’a pas su garder son mari et les enfants garder leur père auprès de leur vraie mère, ils n’ont qu’à assumer les choix de vie de leur père et respecter le chagrin de ses autres partenaires. »

      Ce n’est pas toujours la faute de l’épouse si son mari est partie avec une autre ! Dans un mariage, l’on est deux. Et les enfants, d’autant plus s’ils sont mineurs, n’ont aucune responsabilité à « garder leur père ». Ils sont des victimes de la désintégration du mariage de leurs parents, par des coresponsables.

      Pour l’Eglise, un homme (ou une femme) divorcé et remarié reste marié à sa première femme, sauf reconnaissance de la nullité du mariage. Il est donc en situation d’adultère même remarié civilement. Et attention, un mariage catholique n’est jamais annulé. La reconnaissance de nullité signifie que pour certaines raisons, il n’a jamais été valide. C’est une procédure longue et compliquée.

      Au niveau civil, chez les couples mariés, pour moi il ne devrait pas y avoir d’amant(e). Si le conjoint se lasse de l’autre et souhaite refaire sa vie avec quelqu’un, qu’il en assume les conséquences, soit le divorce et le remariage. Ne pas le faire, c’est vouloir profiter à la fois de sa femme et de sa maîtresse (valable pour les deux sexes), situation difficile et insultante pour toutes les deux.

      Liaison caché ou non, je pense que la maîtresse ferait preuve de beaucoup de tact d’assister aux funérailles le plus discrètement possible, voire pas du tout.

      Et je tiens à ajouter que la maîtresse n’est pas plus coupable que son amant qui trompe sa femme. Ils agissent mal tout les deux ensemble. Un homme marié fidèle à ses engagements ne regarde pas ailleurs. Mais je ne connais pas beaucoup d’hommes qui ont le courage de quitter leur conjointe quand le mariage ne va plus, pour vivre seuls. En général ils attendent d’avoir trouvé quelqu’un d’autre. Cela m’a toujours paru très lâche.

  6. Miaou says:

    Mille excuses, mon épitre était un peu longue. Je ne voulais pas vous assommer… 😉
    Simplement, il y a de nombreux cas et donc pas de solution unique, des cas qui varient du mari qui vit depuis longtemps ailleurs maritalement et était en train de divorcer, à la maîtresse inconnue dont on apprend l’existence au décès, voire à l’ouverture du testament. Mon point de vue, c’est que dès qu’on est hors normes, on fait preuve de discrétion et si on veut s’affirmer, exposer au public sa douleur, soit en commun (j’imagine mal l’épouse et la maîtresse annoncer sur le même faire-part, mais pourquoi pas, en général ce sera une annonce courte et neutre), soit chacun de son côté. Comme vous dites, il faut faire preuve de charité et donc éviter le scandale, et de ressortir les dossiers. Cela dit, il y a des maîtresses qui préféreront rester discrètement dans l’ombre. D’autres voudront affirmer leur situation, on ne peut légalement le leur empêcher.

  7. Miaou says:

    Je conprend que la vie cacher de soi pas exposé le jour de l’enterrement. Car deux probleme douloureux au meme moment il y aura un très granf désairoi. Les personnes en deuillessont sont semsible, il peut avoir des conflit plus ou moin grave entre les grave. Et l’enterenment serre aussi à pardonner le défin de ses fautes pour qui lui et sa famille ses amis non cacher est la paix en eux et puisse vivre juste avec l’amour du defun qui a donner au siens .

    Ce pendant je ne refuse pas que la vie cacher vienne sur le lieu de la tombe car ils ont connus cette personne. Je croit qui si ses deux peresonnes ce sont rencontré et on fais des fautes ensemble n’est jamais pour rien aussi, il a toujours une raison et souvent ce sont des raisons de soufrance qui font plus ou moin moin mal.

  8. Lune says:

    Je comprend que la vie cacher de la personne ne soi pas là le jour de l’enterement. Car deux évements douleureux à géré risque de faire un désaroi. Nous pouvon aller vite aux disputes et la vilolence. Je croit que l’enterement est fait pour aller de l’avant, pardonner le défun pour ensuite vivre avec l’amour du défun, qu’il a apporté aux siens.

    Mais je n’interdit pas la vie caché de la personne à aller ce recueillir sur sa tombe. Car c’est aussi des pesonnes qui l’on connut différament, mais ils ont créer des liens quand même (on n’y peut rien). Je croit que souvent si la personne a une vie cacher c’est souvant par soufrance qui fait plus ou moins mal et non pour faire du mal au gens.

  9. florence says:

    Bonjour Hanna,

    Dans les dix commandements, le septième est : Tu ne commettras pas d’adultère. Donc la maîtresse n’est pas à sa place à l’enterrement de son amant

    Florence

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